[Critique] Hotel Artemis

[Critique] Hotel Artemis

Il existe mille et une raisons d'être intéressé un tant soit peu par une œuvre audiovisuelle. Son esthétique, son réalisateur, son casting, voire même une musique utilisée dans une bande-annonce, une affiche, bref, à peu près n'importe quoi peut être prétexte à aller voir un film. Et c'est quasiment toutes les raisons énoncées qui m'ont donné envie de découvrir Hotel Artemis, écrit et réalisé par Drew Pearce dont c'est le premier long-métrage. Il est le créateur de la série No Heroics, et le co-scénariste d'Iron Man 3. Toujours pour le MCU, il a même réalisé le court-métrage All Hail the King en rapport avec le Mandarin d'Iron Man 3. Drew Pearce s'essaye ici pour la première à la réalisation d'un long-métrage. Ce coup d'essai se révèle-t-il plaisant à voir ? Voyons ça ensemble.

Le film nous fait entrer au sein de l'Hotel Artemis, un hôpital destiné aux criminels possédé par Wolf King et dirigé par l'Infirmière, une femme âgée, alcoolique et rongée par son passé. Elle est accompagnée dans sa tâche par Everest, une montagne de muscles chargé également de la sécurité des lieux. Tous les résidents de l'hôtel abandonnent leurs véritables noms pour endosser le nom de ville que portent leurs chambres. Grâce à des règles strictes, l'Infirmière entend faire régner l'ordre dans son institut et continuer sereinement à soigner les résidents de son établissement. Malheureusement, le braquage d'une banque par deux frères qui tourne mal et une blessure de Wolf King nécessitant qu'il se rende d'urgence à l'Hotel Artemis risquent de mettre à mal les règles établies, et l'hôtel lui-même.

Vous l'aurez compris grâce à ce bref synopsis, Hotel Artemis se rapproche davantage d'une série B relativement décomplexé que d'un film mature et engagé. Le film débute en nous présentant vaguement le contexte politique de ce futur proche, où la ville de Las Vegas se voit privé d'eau potable et qui provoque des émeutes de contestation violentes au possible. De ce fait, un couvre-feu est instauré pour tous les habitants de la ville. Ce dernier se révèle surtout être une belle pirouette scénaristique pour justifier que la grande majorité du film se passe à l'intérieur de l'Artemis, qui s'efface d'ailleurs si besoin. Passé ce détail plutôt anodin lors du visionnage du film, l'univers dans lequel évolue les personnages fourmille de quelques bonnes idées pour justifier que l'action se déroule en 2028. Tout l'outillage médical utilisé par l'Infirmière synthétise bien l'avancée technologique futuriste et le côté vintage qui émane de l'hôtel et du film en général. Des imprimantes 3D pouvant reproduire des organes côtoient une ambiance art déco aux allures de Bioshock. La bande originale composée par Cliff Martinez, déjà à l'oeuvre sur différents films de Nicolas Winding-Refn tels que Drive, Only God Forgives ou encore The Neon Demon, possédant lui aussi une ambiance "néon" très appuyée (ça par exemple), vient soutenir l'esthétique mise en place. Si les inspirations de Drew Pearce n'ont pas le mérite d'être spécialement originales, elles se révèlent tout de même efficaces et assez maîtrisées pour ne pas nuire au propos du long-métrage.

Les personnages d'Hotel Artemis ne brillent pas grâce à leur écriture. La plupart se révèlent même assez quelconques, notamment Acapulco le marchand d'armes, insupportable et inutile au possible, ou même le duo de frères Waikiki et Honolulu, peu charismatiques. Même si j'adore Sterling K. Brown, présents dans Black Panther mais surtout dans la première saison d'American Crime Story sur le procès d'O.J. Simpson, qui interprète ici le protagoniste du film, force est de constater que son personnage se montre peu intéressant. De ce fait, on s'attache peu à lui et on s'intéresse encore moins aux tracas que lui cause visiblement sans cesse son petit frère blessé par balles. Sa prise de conscience vis-à-vis de ce dernier paraît plus égoïste et puérile qu'héroïque comme le film essaye de nous le faire comprendre. Jodie Foster assure dans son rôle d'infirmière vieillissante faussement souriante. Malheureusement, son passé, voulu comme attristant et profondément marquant pour elle, se montre en réalité superficiel et même plutôt inutile. Zachary Quinto, le Spock des récents Star Trek et acteur marquant des premières saisons d'American Horror Story, devient le fils capricieux et à la gâchette facile de Wolf King. Là aussi, le personnage risible gâche le talent de l'acteur qui l'incarne. Jeff Goldblum, quant à lui, ne sert pas à grand chose, mais le fait même qu'il soit présent à l'écran est un bon point pour le film de Drew Pearce. Par contre, Sofia Boutella, elle qui rayonne toujours à chaque apparition dans un long-métrage, illustre encore une fois ses capacités en matière de chorégraphie lors des combats. Clairement, elle assure ici dans son rôle de tueuse à gages. De même pour David Bautista en brute épaisse à la loyauté sans faille envers l'Infirmière, il maîtrise son personnage et le rend vraiment sympathique. Je pense avoir soulevé le paradoxe d'Hotel Artemis : un casting qualitatif, voire même "goldé", avec la présence d'acteurs prestigieux, malmené par une caractérisation de personnages approximative.

Hotel Artemis a de bons arguments pour plaire : une ambiance rétro-futuriste parsemée de néons déjà vue mais assez travaillée pour rester intéressante, un casting en or massif constitué d'acteurs reconnus tels que Jodie Foster ou Jeff Goldblum et populaires, Sofia Boutella et Sterling K. Brown en tête. Pourtant le scénario un peu bancal écrit par le réalisateur même du film peine à instaurer de réels liens affectifs entre le spectateur et les personnages, au point d'estomper le talent de tous ces comédiens. Ce simili huis-clos reste tout de même regardable et propose un divertissement efficace, avec quelques bonnes blagues et des scènes d'action convaincantes. Il ne manquait à Hotel Artemis qu'un effort plus pointu sur le scénario et une caractérisation plus poussée de ses personnages pour s'élever au rang de réel bon film plutôt que de se cantonner à être une série B sympathique mais malheureusement rapidement oubliable.

Cette nouvelle critique de film est terminée. Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, j'espère que mon avis vous aura intéressé ! Sur ce, on se retrouve très vite pour de nouveaux articles sur le blog. 😉

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