[Critique] Ready Player One

[Critique] Ready Player One

Avez-vous déjà eu un mauvais pressentiment concernant un film après une simple bande-annonce ? Est-ce que cette première impression négative a déjà été amplifiée par la publicité déployée à grands coups de tweets sponsorisés pour souligner à quel point ledit film est génial ? Mesdames et messieurs, bingo, c'est exactement ce qui m'est arrivé avec le dernier long-métrage de Steven Spielberg, Ready Player One, et je vais vous dire pourquoi.

Le film est présenté par sa bande-annonce comme une immense ode à la pop culture dans un jeu vidéo géant où tout est possible. Cette multiplicité de personnages connus relayés au simple caméo et de références continue à des licences appréciées me faisait extrêmement peur. En deux minutes de bande-annonce, je me suis imaginé un film creux, vide et dont l'unique intérêt était visiblement de capter toutes les références possibles et imaginables pour essayer de faire passer la pilule. Et bien non. S'il y a bien un point à saluer, c'est bien la justesse dont fait preuve Spielberg pour disséminer ses références. Même s'il y en a des tas, elles ne sont pas abusivement appuyées au sein du long-métrage. Elles sont même justifiées par le monde de l'Oasis qui rend donc vraisemblable cette cohabitation de personnages si atypiques. Je ne cacherai pas le petit sourire que m'a procuré le fait d'apercevoir Harley Quinn ou Musclor pendant quelques secondes dans le film.

La première idée que je m'étais faite du film, à savoir un melting pot de références décérébré, s'est retrouvée être erronée. Tout baigne alors ? Si seulement...

Ready Player One a réussi l'exploit de me défaire de mes craintes initiales pour au final me navrer pendant une majeure partie de ses 2h20 ! Pourtant, il commençait plutôt bien, vraiment ! Le film est beau, terriblement beau et ce, même en dehors de l'Oasis. Les visuels du film sont irréprochables, et c'est certainement ce qui m'a fait rester jusqu'au bout de la séance (ça, et un peu aussi le prix de la place... :p).

En 2045, tout le monde fuit la vie réelle pour se plonger dans l'Oasis, un jeu vidéo créé par James Hallyday et Ogden Morrow, dans lequel ils peuvent faire ce qu'ils veulent, dans de nombreux lieux. Le jeu prend un tournant inattendu à la mort de James Hallyday qui annonce pour l'occasion l'apparition de trois clés disséminées dans l'Oasis. Le joueur qui trouvera les clés accèdera à l'Easter Egg et, accessoirement, au contrôle total du jeu et plusieurs millions de dollars. Wade Watts, un jeune homme vivant dans une sorte de bidonville à Colombus dans l'Ohio, et l'un des seuls joueurs à encore rechercher le fameux Easter Egg du jeu. Si ses recherches aboutissent, il y a fort à parier qu'il risque d'attirer la convoitise, voire de se faire des ennemis...

Certains personnages étaient relativement intéressants et attachants, notamment Ogden Morrow, interprété par mon chouchou Simon Pegg. Malheureusement relégué à un lointain second rôle, il parvient tout de même à être amusant et touchant. Les personnages d'Art3mis/Samantha et d'Aech sont eux aussi sympathiques, l'une pour ses valeurs et son combat, l'autre pour son humour et sa tendresse. Ils sont tous deux des compagnons du héros, Wade Watts ou Parzival. Ce dernier s'en sort un minimum, c'est un héros avec des valeurs de héros et ça se sent. Pas spécialement original ni particulièrement charismatique, il fait néanmoins son job, et c'est déjà pas mal.

Vous le sentez certainement, on se rapproche petit à petit de ce qui ne m'a pas plu dans le film, et ce qui fait que je le considère comme un échec. Commençons par le défaut le plus négligeable selon moi, mais qu'il est important de souligner : Les personnages. Le héros est plutôt quelconque, mais ça encore, ce n'est pas trop grave. Par contre James Hallyday, le créateur de l'Oasis, va falloir m'expliquer. Pourquoi l'acteur est-il autant en roue libre ? Son jeu vidéo, c'est l’œuvre de sa vie, et il a l'air de s'en battre ROYALEMENT les couilles. C'était sûrement voulu de le rendre un peu distant du monde réel et relativement mal à l'aise avec les interactions sociales, mais là le pauvre semble avoir besoin d'aide et c'est pour ne pas gêner les autres spectateurs que je n'ai pas appelé S.O.S. Geek Battu durant la séance.

Mais vous savez quoi ? Ce n'est pas lui le pire. Oh non. Au pire, à la place d'être émouvant ou même intéressant, James Hallyday devient drôle à chacune de ses apparitions, même si ce n'était certainement pas le but désiré à chaque scène. Le pire, c'est... Nolan Sorrento. Qui est Nolan Sorrento me demanderez-vous ? Et bien c'est une version au rabais d'Ed Dillinger du premier Tron qui se voit comme un grand méchant diabolique du mal trop méchant. Alors qu'en fait, il a le charisme d'une huître et se fait rétamer à la quasi-totalité des fois où on le voit. Et son bras droit, la "terrible" F'Nale Zandor qui elle aussi est très très méchante suit la lignée de son employeur, à savoir être risible au possible et foirer chacune de ses tentatives d'arrêter les gentils. Heureusement, i-R0k, interprété par T.J. Miller (Deadpool), redonne un peu de dignité aux méchants en étant un peu menaçant, et un peu drôle. Il est pas spécialement introduit, mais au moins il a un vague air de méchant et il a la décence d'être un minimum intelligent.

En parlant d'intelligence, et si on s'attaquait enfin au problème principal du film ? Allez, soyons foufou !

Qu'est-ce qu'il est con ce film.

Ça paraît exagéré comme formulation, je vous le concède. Et pourtant, je ne compte pas le nombre de fois où j'ai pratiqué le facepalm devant Ready Player One. Les héros s'en sortent quasiment à chaque fois in extremis, comme si les antagonistes étaient des bots aveugles et sourds. C'est quand même navrant qu'un film de cette envergure puisse contenir autant de facilités scénaristiques afin que l'histoire puisse avancer. Peut-être que le roman d'Ernest Cline développe une action semblable, mais ce n'est pas un argument valable. Si le matériau d'origine est débile, autant que les scénaristes corrigent les énormités pour proposer une histoire plus crédible qui aurait sublimé les visuels impressionnants déployés ici.

Ready Player One est une déception. Appâtant les fans des années 80 et de l'époque du grand Spielberg grâce à son affiche signée par Paul Shipper et par une bande-annonce remplie à ras-bord de références à la pop culture, la poudre aux yeux s'effondre pourtant rapidement. Passé au-delà des images sublimes, irréprochables pour représenter le futur et surtout l'Oasis, le jeu vidéo dans lequel évolue les personnages, on se retrouve face à une histoire simpliste au possible, blindée de moments idiots et navrants. Le dernier film de Spielberg se réduit donc à une démo technique louable, mais au service d'un scénario débile dans lequel les héros évoluent sans trop de mal puisque les antagonistes sont majoritairement inefficaces, enchaînant les échecs et sans le moindre charisme. Le film a l'air de jouir d'une réputation de futur classique de la science-fiction, alors qu'il n'est au final qu'un pétard mouillé : Joli mais vide.

2 pensées sur “[Critique] Ready Player One

  • avril 18, 2018 à 13 h 58 min
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    Je pense à on sens que vous êtes dure à le film comme vous le dite ce film a été produit pour appâter les fans de la pop culture avec des références , mais aussi des codes du cinéma de cette époque et un des principaux code de cette époque mais aussi des années 90, Des méchants plus drôle que méchant … ( maman j’ai raté l’avion (les deux voleurs ) jumanji ( Le chasseur ) hook ( le capitaine crochet ) Jurassic Park (dénis nedri …)) donc pour un film qui voulait nous rappeler des souvenirs et des codes de cette époque … le pari est réussi … le film ne révolutionne pas le genre mais reste un bon divertissement qui reveil des souvenirs comme le gâteau de maman ou le réveillon de noël en famille devant la course aux jouets , gremelins les goonies , ET ….

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    • avril 18, 2018 à 22 h 01 min
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      Je comprends tout à fait ce point de vue ^^ Le problème selon moi est le décalage entre l’avatar de Sorrento ultra badass et la personne en elle-même, frêle au possible et inefficace… Mais oui, ça respecte malgré tout les clichés des années 90, peut-être était-ce l’occasion de jouer justement avec ces codes plutôt que de plonger tête baissée dedans. Néanmoins, je comprends que la fibre nostalgique puisse faire passer un bon moment à la majorité des spectateurs ! Ca ne m’a pas suffi malheureusement…

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