[Critique] Solo : A Star Wars Story

[Critique] Solo : A Star Wars Story

L'histoire a tendance à se répéter, vous ne trouvez pas ? Depuis le rachat de LucasArts par Disney, force est de constater que la sortie d'un film estampillé Star Wars est passé d'un événement à une habitude annuelle potentiellement regrettable. Et à chaque nouveau film qui sort, une fâcheuse tendance refait surface, celle qui consiste à lyncher le dernier film en date comme étant le pire opus de la saga ou à crier haut et fort que Disney a tué et souillé la licence de Georges Lucas... Si vous êtes habitué des réseaux sociaux, je suis certain que vous avez déjà vu passer ce genre de messages sous vos yeux. Le dernier film Star Wars et le second spin-off développé par Disney, Solo : A Star Wars Story, ne fait évidemment pas exception à la règle. Nous allons donc voir ensemble si toute cette haine numérique est légitime.

Solo fût d'abord l'oeuvre du duo Chris Miller/Phil Lord, les deux réalisateurs à l'origine de La Grande Aventure Lego et de 21 Jump Street, ces derniers ont été écopés du projet suite à des "différends artistiques" (notez les guillemets). Relégués au rang de producteurs exécutifs, c'est Ron Howard (Rush, WillowDa Vinci Code, Le Grinch) qui est finalement embauché et crédité en tant que réalisateur de ce spin-off consacré au célèbre contrebandier. Dans celui-ci, le jeune Han, interprété par Alden Ehrenreich, va participer à un casse de grande envergure pour détourner du coaxium avec l'équipage de Tobias Beckett, le personnage endossé par Woody Harrelson. Son souhait est de devenir le plus grand pilote de la galaxie et de retrouver son amie Qi'Ra, jouée par Emilia Clarke, qu'il a dû abandonner sur Corellia, leur planète d'origine. Au cours de ce voyage initiatique, Han va rencontrer des personnages emblématiques la saga Star Wars tels que Lando Calrissian, interprété par Donald Glover.

N'attendons pas plus longtemps pour annoncer la grande nouvelle : J'ai passé un agréable moment devant Solo. L'histoire proposée oriente le film vers une sorte de western spatial sympathique. Les nombreux lieux visités durant le long-métrage donnent lieu à de sublimes plans enivrants. J'ai même été très agréablement surpris durant la scène de bataille au sol sur la planète Mimban, un aspect typique des films de guerre mais très peu exploitée dans les films Star Wars, privilégiant des affrontements dans l'espace. Cette multitude de lieux permet surtout de rencontrer une pléiade de nouveaux personnages, aussi bien amicaux qu'antagonistes, la majorité interprétés par des acteurs de renoms. Notons le génial Childish Gambino qui incarne à la perfection Lando, respectant le personnage d'origine comme il se doit, aussi bien pendant les moments héroïques qu'humoristiquement parlant.

Soulignons aussi la prestation remarquable de Paul Bettany dans le rôle de Dryden Vos, un ennemi passif-agressif, qui entretient une relation particulière avec Qi'Ra. Celle-ci profite d'une actrice irréprochable en la personne d'Emilia Clarke qui permet au personnage d'être crédible autant qu'attachant. L'autre personnage magnifié, véritablement porté par l'acteur qui l'incarne, c'est Tobias Beckett, le mentor de Han. A la croisée entre  l'humour ravageur de son personnage dans Bienvenue à Zombieland et une faiblesse sous-jacente à l'instar de son rôle dans 3 Billboards : Les panneaux de la vengeance, Woody Harrelson offre une prestation mémorable pour un personnage très intéressant ajouté à la saga. Tous se révèlent plus attachants et globalement plus intéressants que le personnage de Han seul (cette blague n'est assumée qu'à moitié), et estompent la différence de charisme entre Alden Ehrenreich et l'ancien interprète de Han Solo, Harrison Ford. Malgré tout, Ehrenreich s'en sort bien mieux que ce que laissait entendre les rumeurs autour du film. Il parvient à retranscrire les mimiques du personnage, et son interprétation de Han jeune mérite le respect. Sans égaler son aîné, il rend crédible les premières pérégrinations du personnage narrées dans ce spin-off.

Le seul personnage quasiment insupportable de ce film est L3-37, l'androïde faisant office de copilote à Lando. Sorte de manifestante extrémiste pour l'égalité des droits entre les humains et les robots, toutes ses interventions servent à rappeler et à souligner ce trait d'esprit, ce qui finit par rapidement la rendre agaçante. Bien que son temps à l'écran soit limité, ce personnage m'a paru bien plus irritable que drôle. D'ailleurs, en parlant d'humour, disons qu'il marche généralement bien. Sauf lorsqu'il s'agit de sous-entendus sexuels plutôt graveleux et surtout indignes d'un film Star Wars. Loin de là l'idée de faire mon puritain, les quelques blagues orientées sexe du film m'ont rendu vraiment mal à l'aise. En plus d'être mal amenées et dérangeantes au possible, elles n'apportent rien à cause de leur originalité inexistante. Je pense donc qu'à l'avenir, les blagues racoleuses devront rester dans le placard à blagues racoleuses du Faucon Millenium pour éviter quelques moments de gêne pour les spectateurs.

Contrairement aux dires, le visionnage de Solo : A Star Wars Story est loin d'être insupportable. Toutes les informations concernant la production du long-métrage laissait présager une catastrophe cinématographique et pourtant, il se révèle être un divertissement sympathique. Le film n'est clairement pas aussi mémorable que certains opus de la licence, mais il est loin d'être le pire de celle-ci. Moins charismatique qu'Harrison Ford, Alden Ehrenreich s'en sort tout de même honorablement. Les gimmicks de Han sont bien présentes, et la ressemblance entre les deux acteurs est plus significative qu'au premier abord. Tout comme Bright que j'avais également défendu à l'époque, Solo : A Star Wars Story n'est pas l'immondice annoncé par les réseaux sociaux depuis sa sortie. Il est un spin-off regardable et plutôt agréable, probablement en-dessous de ce que l'on pouvait légitimement espérer d'un film sur Han Solo, mais pas imbuvable pour autant.

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