[Review] La Valise

[Review] La Valise

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle review comics qui est rendue une nouvelle fois possible grâce à Akiléos que je remercie bien chaleureusement (en ces temps glacials, il vaut mieux ! :p) ! Sans plus attendre, attaquons-nous donc à La Valise, de Gabriel Amalric, Morgane Schmitt Giordano et Diane Ranville. Gabriel s'est occupé de la couleur seul et des dessins avec Morgane qui a également travaillé sur le scénario de l'ouvrage, en collaboration avec Diane. Cette dernière s'est également occupée des dialogues. Notons enfin la participation de Jasmine Jaf  Hernandez qui a assurée le contouring d'une grande partie des pages.

Les trois auteurs "principaux" collaborent ensemble depuis 2011 autour de court-métrages et de fanzine. Ils décident ensuite de travailler sur leur premier projet de bande dessinée, La Valise donc, et fondent le studio The NEB. Notre trio d'auteurs sont donc proches les uns des autres et savent travailler en équipe ! Trêves de présentation, que la review commence !

L'histoire se passe dans la Cité, une ville aux frontières entourées de remparts dirigée par le Dux, un dictateur aux allures d'empereur romain nouvelle génération, dont les habitants sont devenus des Ombres, c'est-à-dire des partisans de l'Intrinsecus Unum, la doctrine instaurée par le Dux. Les personnes ne voulant pas rejoindre le régime du Dux sont traqués et exécutés. Leur seul moyen de survie est donc de fuir la Cité, et de rejoindre les extra-muros, les rebelles vivant en-dehors des remparts. Pour pouvoir s'échapper et éviter l’assujettissement, les fuyards doivent faire appel à une sorcière mystérieuse nommée la Passeuse qui vit dans un manoir hors de la Cité. En échange de cette exfiltration salvatrice, la sorcière confisque des années de vie à l'un des passagers, le rendant instantanément plus vieux, afin de conserver sa beauté. Cette opération est rendue possible grâce à un artefact surpuissant que la Passeuse a en sa possession, la Valise.

Pour débuter cette review, autant vous parler franchement : C'est magnifique, et je pèse mes mots. La partie graphique de cet ouvrage est irréprochable, que ce soit les décors immenses et majestueux ou les corps et visages des personnages, tout est splendide et permet de se plonger immédiatement dans le récit. Chaque personnage important a un design singulier et un visage reconnaissable, éléments essentiels pour que le lecteur puisse s'identifier en eux.

 

En plus de ses dessins impeccables, La Valise dispose d'un scénario efficace, la bataille entre les intra-muros et les extra-muros et ses enjeux sont très vite exposées pour ensuite nous y engouffrer rapidement. Entre les deux camps se trouve le personnage ambigu et polyvalent de Cléophée, la Passeuse. Cette sorcière avide de beauté est montrée comme indépendante et déterminée, collaborant aussi bien avec le Dux qu'avec les rebelles tant que son confort et sa survie sont assurées. Ce personnage, central dans l'histoire, donne l'impression d'être surpuissant autant qu'il est énigmatique. On ne sait quasiment rien d'elle et ce, même la lecture achevée, ce qui renforce le mystère autour d'elle et la fascination que le lecteur peut ressentir, à vouloir à tout prix comprendre les origines de cette sorcière et le fonctionnement de son artefact magique, la Valise. Les notes à la fin du recueil offrent une lecteur une hypothétique origine à cet objet qui reste, à l'instar de sa propriétaire, aussi mystérieux que puissant.

Heureusement, Cléophée n'est pas le seul personnage intéressant de la bande dessinée. En effet, les personnages secondaires qui gravitent autour d'elle, aussi bien les Ombres que les membres de la Résistance, ont des personnalités étayées un minimum et des ambitions explicitées. Le commissaire du Dux, par exemple, est obnubilé par son travail et cherche à tout prix à débusquer et à exterminer les ennemis de l'Intrinsecus Unum. Même lorsqu'il doute de la fidélité de Cléophée, il n'hésite pas à déployer tous les moyens à sa disposition pour prouver la véracité de ses craintes, quitte à bafouer sa vie privée en la faisant suivre et en fouillant sa voiture. Son dévouement aveugle pour le Dux le rend froid, calculateur et impitoyable. Dans la même veine idéologique, la leadeuse des rebelles, Valérie, est prête à tout pour briser les frontières de la Cité et mettre un terme au règne des Ombres. Pour parvenir à ses fins, elle pactise avec la Passeuse et sacrifie une longue partie de sa vie au nom de sa cause.

Enfin, le discours politique sous-jacent de l’œuvre est intéressant. Elle montre qu'importe les intentions, aussi nobles peuvent-elles paraître, les hommes finiront toujours pas s'entre-tuer pour assouvir leurs desseins personnels. Et, au milieu de ces massacres, subsistent la sorcière Cléophée et sa Valise.

La Valise est un premier essai réussi dans le monde de la BD pour The Neb Studio. Grâce à un style graphique parfaitement maîtrisé et à une histoire passionnante et au rythme pleinement géré, cet ouvrage se lit très simplement et avec un plaisir non dissimulé. Avec un sous-texte politique intéressant, La Valise se voit donc dotée de nombreuses qualités, aussi bien visuelles que scénaristiques, pour offrir au final une lecture agréable et intelligente.

Cette review achevée, je me permets de remercier une nouvelle fois Akileos de l'avoir rendue possible et de m'avoir fait découvrir cette histoire palpitante ! A bientôt !

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