[Review] Vampirella Master Series : Grant Morrison & Mark Millar

[Review] Vampirella Master Series : Grant Morrison & Mark Millar

Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour la deuxième partie de la semaine Vampirella, initiée avec la review du récent comics édité par Graph Zeppelin. Aujourd'hui donc, on s'attaque à un autre tome estampillé Master Series. Il est antérieur au premier comics que je vous ai précédemment présente sur plusieurs aspects : Tout d'abord, il a été édité en France par Panini Comics en 2012, avant que Graph Zeppelin reprenne la licence. Ensuite, parce qu'il contient des chapitres plus vieux que dans le tome publié par Graph Zeppelin. En effet, ce Vampirella Master Series : Grant Morrison & Mark Millar comporte les six premiers chapitres de la série mensuelle Vampirella de 1997, et est complété par deux one-shots publiés en 1996, La Reine de coeur sanglante et Un enfer glacial.

Je viens de vous le dire, la majeure partie de ce tome est occupée par la série co-écrite par Mark Millar que je vais finir par ne plus vous présenter puisque je vous ai déjà parlé de lui à l'occasion de la review du Master Series à son nom. En plus d'une autre série Vampirella écrite en 2011 et déjà critiquée précédemment, Millar a notamment écrit les débuts des Ultimates, les Avengers de Marvel de l'univers Ultimate (perspicace !), le célèbre event Civil War toujours chez Marvel, mais aussi toutes les séries de son Millarworld comme Kick-Ass ou Starlight. Cependant, la personne qui l'a embarqué dans le projet est un autre scénariste, lui aussi connu et reconnu dans le monde du comics : Grant Morrison. Tout aussi prolifique que son confrère, il a scénarisé All-Star Superman, Batman Arkham Asylum chez DC Comics, les New X-Men, Fantastic Four 1234 chez Marvel ou encore Happy ! pour Image Comics par exemple. Notons que ce dernier comics a récemment été adapté en série TV par SyFy.

Vous l'avez certainement remarqué à cette présentation prolifique, ces deux auteurs le sont indéniablement. De plus, il est intéressant de noter qu'ils écrivent ensemble cette série Vampirella Monthly en même temps que des épisodes de Flash qui sont publiés chez DC Comics à la même période. Une complicité semblait donc régner entre les deux hommes dans les années 90 pour que tous deux souhaitent autant travailler en duo. Cette bromance ne semble plus d'actualité, mais ce n'est pas notre sujet...

Trêve de présentations, passons sans plus tarder sur au contenu du comics qui nous intéresse ici : Vampirella Master Series : Grant Morrison & Mark Millar !

Les deux premières histoires du recueil sont donc les deux premiers arcs de la série mensuelle Vampirella de 1997, L'éveil du mal et La Guerre sainte, et sont écrits par Mark Millar et Grant Morrison. Dans la première histoire, le Monsignor Pesaro dévoile son plan d'expansion de son empire criminel en exécutant les chefs des autres gangs, en commençant par Don Fattoni. En apprenant que Vampirella est dans les parages, et qu'elle compte bien s'interposer, il décide de faire appel à Von Kriest, un étrange être déformé, immortel et incroyablement cruel. Malheureusement, Von Kriest arrive tout de même à assassiner Don Fattoni et Pixie Fattoni, l'une de ses deux filles, devant les yeux de Dixie Fattoni, sa deuxième fille, secourue et entraînée par Vampirella. Dans la seconde, qui suit directement la première, les Soeurs écarlates viennent secourir Vampirella et Dixie. Elles aideront Vampirella à sauver Dixie, enlevée par Von Kriest.

Le premier arc est dessiné par Amanda Conner (Harley Quinn, Power GirlStarfire, Before Watchmen : Silk Spectre). Son style cartoonesque place immédiatement le personnage dans un univers beaucoup moins réaliste et sensuel que le trait de Mike Mayhew. Et c'est une bonne chose : la vulgarité dissipée, on se retrouve en compagnie d'un personnage à la fois séduisant raisonnablement, mais aussi combattif et sensible. Le premier chapitre a un but purement introductif, les auteurs nous présentent Vampirella à travers ses exploits passés. Les nouveaux personnages secondaires et l'antagoniste principal sont aussi introduits rapidement. Une fois le cadre posé, le comics se décomplexe complètement et propose à son lecteur une histoire fun et pleine d'action.

La partie graphique du deuxième arc est assurée par Louis Small Jr (Codename : Knockout, plusieurs séries Vampirella antérieures à celle-ci). Lui aussi dispose d'un style cartoonesque, plus ancré temporellement dans les années 90, ce qui rajoute un sentiment de nostalgie, bienvenu ou non en fonction de vos préférences. Personnellement, ses dessins et la colorisation qui y est appliquée le rapproche du kitsch, qui peut survenir en lisant de nos jours d'anciens comics, sans l'atteindre. Au contraire, le fun sans concessions du titre s'affiche davantage avec le style de Small Jr.

Le caractère sexy du personnage est ici seulement allusif. Vampirella est parfois nue, ses costumes mettent en valeur son corps, mais aucun personnage ne souligne davantage le corps avantageux de la succube. Le dessin rend compte de cette caractéristique incontournable de Vampirella, mais les auteurs font preuve de parcimonie et n'en font pas des tonnes, ce qui rend la lecture bien plus sympathique que sur la série plus récente de Mark Millar et Mike Mayhew, dans laquelle chaque personnage s'extasie de manière graveleuse lorsqu'ils sont en face de Vampirella.

La troisième histoire du tome est un one-shot écrit seulement par Grant Morrison, consacrée à un personnage récurrent dans l'univers de Vampirella : La Reine de Coeur sanglante. Beaucoup plus psychologique et sérieux que la précédente série, l'ambiance perturbante et teintée de sadomasochisme qui se dégage de ces dix pages rend ce récit plus réaliste et viscéral, à l'instar d'un Killing Joke.

Le second one-shot du tome, et dernière histoire, est écrite uniquement par Mark Millar, et ça se sent. En effet, cette histoire est bien plus accessible que celle de Morrison seul. Ici, on nous présente brièvement un méchant plutôt cliché, puis Vampirella part lui régler son compte. Un autre personnage emblématique de Vampirella est utilisé sommairement ici, celui de Pendragon, un ami de la succube. C'est aussi dans cette dernière histoire que la sensualité de Vampirella frôle la frontière de la vulgarité gênante et ce, dès les premières pages du chapitre. Malgré tout, comme souvent avec Millar, l'action est au rendez-vous et on passe un bon moment de lecture, sans prise de tête ; efficace et jubilatoire. Pour résumer cette histoire, vous aurez affaire à la fin du premier film Kingsman, mais avec plus de vampires et de formes féminines affriolantes.

Grant Morrison et Mark Millar prennent visiblement plaisir à travailler sur Vampirella. A travers une histoire pleine d'action et de fun, ils confèrent au vampire extraterrestre de nouveaux compagnons et un nouvel ennemi menaçant. La partie graphique met en lumière une atmosphère rétro du titre de 1997, qui souligne l'hypothétique absurdité de la situation pour mieux renforcer le plaisir à la lecture. Les histoires additionnelles du tome proposent chacune une vision singulière du personnage, soit psychologique et torturée pour Morrison, soit bad ass au possible avec Millar. De plus, elles permettent au lecteur de voir ou revoir des personnages familiers de l'univers de Vampirella. En bref, Vampirella Master Series : Grant Morrison & Mark Millar est un recueil riche et passionnant, et une très bonne porte d'entrée au personnage de Vampirella, qui reflète parfaitement son caractère : Sexy, mais aussi bad ass, fun et émouvante.

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