[Test] Sega Heroes : la nostalgie comme argument de vente ?

[Test] Sega Heroes : la nostalgie comme argument de vente ?

Même si je n'ai pas connu véritablement la fameuse guerre des consoles, ma vie de joueur m'a toujours positionné dans le camp de Sega. J'ai toujours eu plus d’affinité avec le célèbre hérisson bleu qu'avec Mario par exemple, et ma première console a été la Master System, puis la Dreamcast, qui reste à ce jour ma console préférée. Et en bref, j'aime Sega. Et j'aime aussi les jeux mobile. Qu'importe leur réputation, c'est sur ce support que je passe indéniablement, et un peu malgré moi, le plus de temps à jouer désormais. Bien qu'ils manquent trop souvent d'originalité, ces jeux aux concepts chronophages occupent une bonne partie de mes trajets et de mes moments d'ennui. Vous ne comprenez pas où je veux en venir avec cette introduction ? Ne vous en faites pas, je vous explique. La firme à l'origine de Shenmue ou de Jet Set Radio a sorti le 15 novembre 2018 (jour de rédaction de cet article) un jeu intitulé SEGA Heroes. Mêlant les personnages de mon entreprise vidéoludique préférée au support sur lequel je joue le plus fréquemment, il était impossible que je passe à côté. Et, puisqu'un tel jeu ne demande pas des heures de pratique pour révéler toute son essence, je me suis décidé à vous en parler dès à présent ! ^^

L'histoire de SEGA Heroes tient sur un post-it. Le même post-it scénaristique qui sert à la grande majorité des jeux mobile mélangeant plusieurs univers ou licences d'ailleurs. En effet, la grande méchante, Dremagen, a décidé de se constituer une armée de clones maléfiques. Pour se faire, elle voyage d'univers en univers pour asservir le plus de combattants possibles. Comme je vous l'avais dit, du jamais-vu. Oh, tiens, salut Ultimus, de Marvel Strike Force, qui a exactement la même motivation et qui utilise exactement la même technique pour mener à bien son plan maléfique de méchant très méchant. Ravi de t'avoir croisé par ici ! Mais bref, revenons en à nos histoires. A cause de l'un des portails ouverts par Dremagen, le Ax Battler (le personnage principal de Golden Axe) rencontre Amy Rose, l'amie de Sonic le hérisson. Les voilà donc partis à l'aventure pour combattre Dremagen et sauver leurs amis, à l'aide d'alliés qu'ils rencontreront par la suite tels que AiAi de Super Monkey Ball ou Blazing Fielding de Streets of Rage.

SEGA Heroes se présente comme un jeu de puzzle avec des éléments de RPG, une combinaison assez classique dans le monde des jeux mobiles je le concède, mais qui a le mérite d'être efficace. La singularité du jeu, c'est en premier lieu sa courbe de difficulté peu maîtrisée. En effet, une fois passés les premiers niveaux servant de tutoriel et vous permettant de débloquer vos premiers personnages, vous vous retrouverez assez rapidement face à votre première défaite ! Face à elle, deux options se présentent à vous : persister, continuer à jouer pour améliorer vos personnages et découvrir les différentes mécaniques proposées par le jeu ou bien passer à la caisse. Implicitement, c'est ce que le jeu cherche à vous faire faire avec cette difficulté maladroitement gérée. Comme dans la grande majorité des jeux mobile, dont la licence est connue ou non d'ailleurs, les récompenses achetables sont trop peu intéressantes au tarot auxquelles elles sont proposées. Personnellement, le fait de retrouver des licences un peu oubliées de mon éditeur fétiche m'a poussé à m'acharner et à avancer tant bien que mal dans le jeu. Heureusement, un puissant personnage est offert pour célébrer la sortie du jeu. Avec le Death Adder, l'un des boss de Golden Axe, dans mes rangs, les niveaux de mes personnages augmentés au maximum et quelques techniques améliorées grâce à des objets, j'ai surpassé les niveaux les uns après les autres. Au final, bien que le jeu ne soit pas spécialement original, j'ai vraiment pris du plaisir à effectuer des combinaisons stratégiques de plusieurs symboles identiques pour déclencher des réactions en chaîne et ainsi infliger le maximum de dégâts à mes adversaires. Ainsi, l'alignement de quatre symboles identiques permettra d'effectuer une technique étoile, tandis que 5 symboles ou plus alignés en même temps offriront la possibilité d'effectuer cette même technique tout en détruisant les blocs environnants. Ce combo aboutira à coup sûr sur une avalanche de dommages causés à mes opposants.

Il serait malhonnête de ne pas mentionner que c'est la nostalgie que crée en moi cette réunion de personnages provenant de licences méconnues aujourd'hui qui m'a poussé à me pré-inscrire à ce jeu et à continuer d'y jouer depuis sa sortie. Je suis heureux de retrouver les personnages relatifs à Sonic, mais aussi de revoir les héros de Jet Set Radio ou de Streets of Rage, et même de découvrir certains personnages de Shinobi ou de Golden Axe. SEGA semble vouloir profiter ici d'un capital sympathie de joueurs expérimentés, assez matures pour connaître les licences exploitées, mais n'ayant plus assez de temps pour parcourir d'autres titres que ce genre de jeux mobiles. Bien que je sois conscient du manque de nouveauté apporté par le titre, et des autres défauts de ce SEGA Heroes, le plaisir de retrouver ces univers me procure une satisfaction certaine devant ce jeu. Et, puisque SEGA semble avoir pioché dans ses licences connues mais pas trop, j'espère que des personnages obscurs comme Billy Hatcher du jeu éponyme de la Sonic Team ou Opa-Opa de Fantasy Zone feront leur apparition dans le jeu, accompagné, pourquoi pas, de personnages plus reconnus comme Ryo Hazuki de Shenmue ou d'Alex Kidd.

Les graphismes sont corrects sans pour autant être exceptionnels, loin de là. En effet, si les personnages issus de l'univers de Sonic ou de Super Monkey Ball profitent d'un rendu satisfaisant et se révèlent être les plus beaux et les plus agréables visuellement, il n'en est pas de même pour la majorité des autres personnages. C'est ainsi que le reste du casting, notamment les êtres humains comme les personnages de Golden Axe ou de Streets of Rage, se retrouvent, malgré un style Super Deformed assumé, disproportionnés et affublés de textures plutôt moches. Cette association mal exécutée donne lieu à de nombreux personnages peu convaincants et même franchement laids dès lors qu'ils sont censés être un tant soit peu réalistes. Les personnages de Streets of Rage se présentent comme ceux qui morflent le plus de ce choix discutable, tandis que les personnages de Phantasy Star ou de Jet Set Radio s'en sortent tout de même honorablement.

SEGA Heroes ne révolutionne en rien le milieu du jeu sur mobile. Reprenant les mécaniques éculées de puzzle-RPG sans ajout notoire, son principal attrait réside simplement dans le fait de proposer un crossover entre les licences cultes de Sega au travers d'un scénario prétexte au possible. Une volonté de mettre en avant les titres qui ont fait la renommée de la firme se dégage du soft. Sans pouvoir vous le conseiller véritablement si vous êtes réfractaires à ce style de jeu axé casual, je pense néanmoins qu'il mérite le coup d’œil rien que pour la mise en avant de personnages oubliés aujourd'hui effectuée en son sein. Les graphismes inégaux et la croissance soudaine de la difficulté pour inciter le joueur à dépenser de l'argent dans le jeu n'aident pas forcément à se lancer dans l'aventure, mais si vous êtes suffisamment aguerris pour connaître les licences utilisées dans SEGA Heroes et assez nostalgiques pour ressentir l'envie d'incarner à nouveau les personnages emblématiques de ces titres, vous trouverez certainement du plaisir à jouer à ce jeu mobile, au moins le temps de quelques parties, confortablement installé dans les transports en commun ou sur votre trône en céramique. Peut-être même que vous y retournerez plusieurs fois, afin d'améliorer vos personnages, d'avancer dans les niveaux et, au fil des succès, de débloquer le célèbre hérisson bleu. Sans être exceptionnel ni même original, SEGA Heroes parvient à occuper le temps de quelques parties, ce qui est finalement l'unique exigence que certains joueurs peuvent avoir face à des jeux destinés à un support mobile.

J'espère que ce test vous aura plu et vous aura éventuellement donné envie de laisser sa chance à SEGA Heroes. Dans tous les cas, je vous remercie de m'avoir lu jusqu'au bout et je vous donne rendez-vous pour de prochains articles !

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